Longtemps associés aux grandes entreprises dotées d’un comité, les chèques-vacances sont aussi accessibles aux petites structures. Ils permettent aux salariés de financer leurs séjours et leurs loisirs, et à l’employeur de les récompenser avec un coût social réduit. Encore faut-il respecter les conditions fixées par le Code du tourisme pour que l’exonération ne soit pas remise en cause lors d’un contrôle Urssaf.
Quelles entreprises sont concernées ?
Le dispositif présenté ici vise les entreprises de moins de 50 salariés qui ne disposent pas d’un CSE gérant les activités sociales et culturelles. Le dirigeant d’une telle entreprise peut lui-même en bénéficier.
La situation est différente au-delà de ce seuil. Une entreprise de plus de 50 salariés qui finance directement des chèques-vacances ne bénéficie d’aucune exonération. En revanche, lorsque le CSE les achète sans participation de l’employeur, ils sont considérés comme une activité sociale et sont exonérés.
Cas particulier : si l’entreprise n’a pas de CSE parce qu’aucune élection n’a pu être organisée (procès-verbal de carence), l’employeur bénéficie de la même tolérance que celle applicable aux prestations du CSE.
Un principe de base : le cofinancement
Les chèques-vacances ne sont jamais intégralement offerts par l’employeur. Leur financement est partagé entre l’employeur et le salarié, et la part de l’employeur est plafonnée selon le niveau de rémunération du bénéficiaire :
- 80 % de la valeur des chèques au maximum si la rémunération moyenne des trois derniers mois est inférieure au plafond mensuel de la Sécurité sociale (4 005 € en 2026) ;
- 50 % au maximum si cette rémunération dépasse ce plafond.
Le salarié prend en charge le solde.
Les quatre conditions de l’exonération
Pour que la contribution de l’employeur soit exonérée, quatre règles doivent être respectées en même temps.
1. Respecter le cadre de mise en place. Le dispositif doit être instauré par un accord de branche, un accord d’entreprise ou, à défaut, par une proposition du chef d’entreprise soumise à l’ensemble des salariés. Les représentants du personnel doivent être consultés lorsqu’il en existe.
2. Moduler la contribution selon les salaires. Plus le salaire est modeste, plus la participation de l’employeur doit être importante. Une contribution identique pour tous les salariés ne remplit pas cette condition.
3. Ouvrir le dispositif à tous les salariés. Tous les salariés doivent pouvoir en bénéficier, quel que soit leur contrat : CDI, CDD, contrat d’apprentissage ou de professionnalisation. Les stagiaires, qui n’ont pas le statut de salarié, ne sont pas concernés.
4. Ne pas remplacer un élément de rémunération. Les chèques-vacances ne peuvent pas venir à la place d’une prime, d’une augmentation de salaire ou d’un avantage déjà accordé.
Le plafond d’exonération en 2026
Lorsque ces conditions sont réunies, la contribution de l’employeur (bonus pour enfant à charge compris) est exonérée de cotisations sociales dans la limite de 30 % du Smic mensuel brut, par an et par bénéficiaire.
Depuis le 1er juin 2026, ce plafond s’élève à 560,10 € par salarié et par an. La part qui dépasse ce montant est soumise à cotisations.
Point de vigilance : l’exonération n’est pas totale. La CSG-CRDS et le versement mobilité restent dus sur la contribution de l’employeur.
Exemple concret
Une entreprise de 10 salariés attribue 700 € de chèques-vacances à deux salariés.
- Salariée A, rémunération moyenne de 2 200 € par mois (sous le plafond de la Sécurité sociale) : l’employeur peut financer jusqu’à 80 %, soit 560 €. La salariée paie 140 €. La contribution de 560 € reste sous le plafond de 560,10 € et est exonérée.
- Salarié B, rémunération moyenne de 4 500 € par mois (au-dessus du plafond) : l’employeur peut financer au maximum 50 %, soit 350 €. Le salarié paie 350 €.
La salariée la moins rémunérée reçoit bien une participation plus élevée : la condition de modulation est respectée.
Ce qu’il faut retenir
- Le dispositif s’adresse aux entreprises de moins de 50 salariés sans CSE gérant les activités sociales et culturelles, dirigeant compris.
- Le financement est toujours partagé : 80 % maximum pour l’employeur sous le plafond de la Sécurité sociale, 50 % au-delà.
- La contribution doit être modulée en faveur des salaires les plus modestes et ouverte à tous les salariés.
- Les chèques-vacances ne doivent pas remplacer un élément de rémunération existant.
- L’exonération est plafonnée à 560,10 € par salarié et par an depuis le 1er juin 2026, hors CSG-CRDS et versement mobilité.
Bien mis en place, les chèques-vacances sont un moyen simple de fidéliser vos équipes et de soutenir leur pouvoir d’achat. Votre expert-comptable peut vous accompagner pour choisir le bon cadre juridique et calibrer les contributions.

