Vous allez devenir parent cette année ? Bonne nouvelle : un nouveau dispositif vient s'ajouter aux congés existants. Le congé supplémentaire de naissance, entré en vigueur depuis le 1er janvier 2026, permettra aux parents de passer plus de temps auprès de leur enfant.
La CNAM (Caisse Nationale d'Assurance Maladie) vient de communiquer les grandes lignes pratiques de ce nouveau congé, en attendant la publication des décrets d'application. Voici ce qu'il faut savoir pour anticiper et vous organiser.
Qui peut bénéficier de ce nouveau congé ?
La première question que vous vous posez probablement : suis-je concerné ? La réponse dépend de deux critères principaux.
La date de naissance ou d'arrivée de l'enfant
Pour être éligible, vous devez être parent d'un enfant :
- Né à compter du 1er janvier 2026
- Arrivé au foyer à compter du 1er janvier 2026 (en cas d'adoption)
- Né prématurément mais dont la naissance était prévue à partir du 1er janvier 2026
Si votre enfant est né en décembre 2025, même de quelques jours, vous n'êtes malheureusement pas concerné par ce nouveau dispositif.
Une condition préalable à remplir
Attention, ce congé supplémentaire n'est pas un congé "en plus" qui s'ajoute sans condition. Pour y avoir droit, vous devez avoir épuisé vos droits aux congés suivants :
- Congé de maternité
- Congé de paternité
- Congé d'accueil de l'enfant (pour les adoptions)
Autrement dit, ce congé supplémentaire prend le relais une fois que les congés "classiques" sont terminés. C'est une extension du temps passé avec votre enfant, pas un remplacement.
Tous les parents sont concernés
Point important à souligner : ce dispositif est ouvert largement. Sont concernés :
- La mère de l'enfant
- Le père biologique
- Le conjoint, concubin ou partenaire de Pacs de la mère, même s'il n'est pas le père biologique
Cette définition inclusive permet à tous les types de familles de bénéficier de ce nouveau droit.
Quand pourrez-vous en bénéficier ?
C'est là que les choses se compliquent un peu. Bien que le dispositif soit entré en vigueur le 1er janvier 2026, il ne sera réellement accessible qu'à partir du 1er juillet 2026.
Pourquoi ce décalage ? Il faut attendre la publication des décrets d'application qui préciseront les modalités concrètes de prise du congé et les détails de l'indemnisation.
Si vous attendez un enfant pour le premier semestre 2026, vous devrez donc patienter quelques mois avant de pouvoir concrètement mobiliser ce nouveau congé. Planifiez en conséquence.
Comment informer votre employeur ?
Les modalités de demande sont déjà connues. Voici ce que vous devrez faire pour prévenir votre employeur.
Le délai à respecter
Vous devez informer votre employeur au minimum 1 mois avant le début souhaité du congé. Pensez-y lors de vos discussions sur l'organisation de votre retour après le congé maternité ou paternité.
Les informations à communiquer
Votre demande doit préciser :
- La date de début souhaitée du congé supplémentaire
- La durée que vous souhaitez prendre
Le cas du congé de 2 mois
Si vous optez pour une durée de 2 mois, une information supplémentaire est requise : vous devez indiquer si vous souhaitez fractionner ce congé ou non.
Le fractionnement peut être intéressant si vous préférez alterner périodes de présence auprès de votre enfant et reprise progressive du travail. Les décrets d'application préciseront probablement les modalités exactes de ce fractionnement.
Combien serez-vous indemnisé ?
Parlons argent. L'indemnisation de ce congé supplémentaire suit des règles spécifiques, différentes selon votre statut.
Pour les salariés
L'indemnisation est calculée sur votre salaire net antérieur, dans la limite du plafond mensuel de la sécurité sociale (4 005 € au 1er janvier 2026).
Le niveau d'indemnisation est dégressif :
- 1er mois : 70 % de votre salaire net
- 2ème mois : 60 % de votre salaire net
Concrètement, si vous gagnez 2 500 € net par mois, vous percevrez environ 1 750 € le premier mois et 1 500 € le second mois. Une baisse de revenus à anticiper dans votre budget, mais qui reste plus favorable que le congé parental d'éducation classique.
Si votre salaire dépasse le plafond de la sécurité sociale (4 005 €), l'indemnisation sera calculée sur ce plafond, pas sur votre salaire réel.
Pour les travailleurs indépendants
Vous êtes entrepreneur, artisan, commerçant ou exercez en libéral ? Vous n'êtes pas oublié.
L'indemnité journalière forfaitaire qui vous sera versée subira le même abattement que pour les salariés. Autrement dit, vous percevrez également 70 % puis 60 % de votre indemnisation de référence selon le mois.
Les détails précis du calcul pour les indépendants seront probablement affinés dans les décrets d'application à venir.
Ce que les décrets d'application préciseront
Plusieurs points restent en suspens et seront clarifiés lors de la publication des décrets :
- Les modalités exactes de fractionnement du congé
- Les délais de carence éventuels
- Les procédures administratives détaillées auprès de la CPAM
- Les cas particuliers (naissances multiples, situations spécifiques)
Restez attentifs aux annonces officielles dans les prochains mois, notamment sur le site ameli.fr.
Comment vous préparer dès maintenant ?
Même si le dispositif ne sera accessible qu'en juillet, vous pouvez déjà prendre quelques dispositions.
Informez-vous auprès de votre employeur sur sa politique en matière de congés parentaux. Certaines entreprises complètent les indemnités légales.
Anticipez l'impact financier en calculant ce que représenterait une indemnisation à 70 % puis 60 % de votre salaire sur votre budget familial.
Discutez avec votre conjoint de la répartition du congé entre vous deux, si vous êtes tous les deux éligibles.
Surveillez la publication des décrets pour connaître les modalités exactes avant de faire votre demande formelle.
Ce qu'il faut retenir
- Le congé supplémentaire de naissance concerne les enfants nés ou arrivés à partir du 1er janvier 2026
- Il s'applique après avoir épuisé les congés maternité, paternité ou d'accueil
- Tous les parents sont éligibles : mère, père biologique, conjoint/partenaire de la mère
- Le dispositif sera accessible à partir du 1er juillet 2026
- Délai de prévenance : 1 mois minimum avant le début souhaité
- Indemnisation : 70 % du salaire net le 1er mois, 60 % le 2ème mois (plafonné à 4 005 €)
L'arrivée d'un enfant bouleverse toujours l'organisation familiale et professionnelle. Ce nouveau congé offre une flexibilité supplémentaire pour accompagner ces premiers mois si précieux. Vous avez des questions sur vos droits en tant que parent entrepreneur ? N'hésitez pas à nous contacter pour en discuter.

